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Les Phytopratiques

De tout temps, les Hommes et les arbres ont été en relation étroite. Bien que leur procurant naturellement fruits, ombre, bois de chauffage, eau et esthétisme, les Hommes ne s’en sont pas contenté et ont recherché à maximiser ces bienfaits. Quitte à parfois aller trop loin en mettant en avant un esprit dominateur et tentant de lui imposer sa supériorité. Voici quelques exemples.

Le baobab

Le baobab est un arbre localisé en Afrique et en Australie. Son écorce fournit aux populations locales tissus, fibres et cordages. Sa cime offre des feuilles utilisées comme fourrage ainsi que des fruits à la fois médicinaux et utilisés pour allumer le feu. Et comme rien ne se perd et que tout se transforme, les graines sont également utilisées et fournissent une huile recherchée. Mais en Afrique de l’est, les bienfaits ne s’arrêtent pas là. Les très gros et vieux baobabs étant creux, les populations locales, à condition d’y creuser une porte, y installent maison, bar, prison, église ou salle de réunion. Et les baobabs se trouvant en régions semi-arides, ils servent aussi parfois de citernes de pluies lors des saisons sèches. Une fenêtre est alors creusée à 4 mètres de haut et cette citerne est remplie par l’Homme durant la saison de pluie. Ceux-ci bénéficient alors de 9 m³ d’eau durant la longue saison sèche.

Baobab citerne
Baobab citerne (source : www.cirad.fr)

L’arbre fruitier (en occident)

Afin de produire des fruits et de conserver ceux-ci à une hauteur facilitant la cueillette, les arbres fruitiers subissent des tailles spécifiques. On supprime les gourmands qui présentent une circulation de sève trop rapide que pour porter des fruits. On favorise les branches qui s’éloignent du tronc. On supprime systématiquement celles qui y reviennent afin de maximiser l’ensoleillement. Et on tire les branches vers le bas en y attachant des poids afin de stimuler les hormones de l’arbre. En fait, un arbre stressé donne toute son énergie à produire des fruits car quitte à mourir, autant vite se reproduire. Poussé à son paroxysme, on obtient des vergers où les individus ont une durée de vie de 15 ans. Dans les photos suivantes, des coups de tronçonneuse sont donnés à 30 cm et 60 cm du sol afin de limiter la hauteur des arbres et stimuler la production en stressant ceux-ci.

Verger de poiriers près de Gand
Verger de poiriers près de Gand
Verger de poiriers près de Gand
Verger de poiriers près de Gand

Le Garoé

Ce récit prend place sur une île espagnole de l’archipel des Canaries. Enraciné à 1000 mètres d’altitude sous un climat aride pousse un oasis de forêt dont les arbres ont de grands besoins d’eau. Mais comment font-ils? Ils exploitent les brouillards tourbillonnants quasi permanents autour du point culminant de l’île. Et c’est là que vivait le Garoé, le plus grand d’entre eux (1,5 mètre de diamètre). Adulé par la population locale, il est appelé l’arbre saint. Il fournissait de l’eau potable en continu. Jean de Béthencourt nous a laissé la première trace historique de cet arbre en 1405 : « Dans les parties les plus hautes de l’île, il y a des arbres qui toujours dégouttent eau belle et claire ». Le Garoé fut détruit en 1610 mais un nouveau spécimen fut replanté en 1947. Il est à noter qu’il y a de nombreux arbres fontaines de par le monde dans les localités brumeuses et ventée, et il est possible d’en faire des copies artificielles y compris de forme arborée. De véritables « attrape-brouillards » dont les filets piègent les gouttelettes des brumes.

L’esthétisme du jardin à la française

Déjà les romains taillaient les ifs, et les cyprès pour des raisons esthétiques. Mais cette façon de sculpter le végétal connut son apogée dans les jardins occidentaux de la renaissance. Le végétal est alors utilisé au service des effets optiques. Le gestionnaire doit faire preuve de savoir-faire, réaliser des opérations régulières et posséder des moyens financiers importants. Par après, le siècle des lumières apportera une autre influence, celle des jardins chinois et anglais. Dès lors, arbres en port libre ‘symboles de liberté’ et autres chemins serpentant propices à la méditation seront mis à l’honneur.

Parc du Cinquantenaire
Parc du Cinquantenaire
Parc de Woluwé
Parc de Woluwé

Le Moringa

Le Moringa oleifera est originaire d’Inde. Grâce à l’Homme, il s’est répandu dans l’entièreté du monde tropical. S’il a tant été aidé, c’est parce qu’il est à la fois facile à cultiver et très utile aux populations locales. Ses feuilles, ses fleurs, ses fruits et ses racines sont comestibles. Son bois brûle et ses graines fournissent de l’huile comestible. Mais bien que l’intérêt majeur réside dans ses graines, ce n’est pas pour la production d’huile. Au nord du Soudan, les inondations du Nil rendent parfois son eau impropre à la consommation à cause de la boue et des bactéries fécales. Or, les graines de Moringa semblent apporter la solution. Une fois broyées et mélangées à l’eau, celle-ci redevient propre à la consommation. Plusieurs laboratoires européens ont corroborés ces dires. Les graines coagulent les impuretés tandis qu’une substance antibiotique dans l’huile supprime 98 % des bactéries. Cet usage est économique, et au plan sanitaire il s’avère plus efficace que le sulfate d’aluminium utilisé en Europe.

Une ruche-tronc à Wavre

Les temps sont durs pour nos abeilles. La ville de Wavre le sait et elle participe activement au plan Maya dont l’objectif est de sauvegarder les populations d’abeilles et d’insectes butineurs en Wallonie. Début juin, la ville a inauguré en lien avec la Société Royale d’Apiculture de Wavre un rucher dans un vénérable chêne rouge d’Amérique. Celui-ci est logé dans le tronc à 4 mètre de haut dans le parc Nelson Mandela. Une première ruche-tronc avait déjà vu le jour récemment dans un pin Douglas en Gaume. La ruche tronc de Wavre est donc la seconde implantée en Belgique. Nous tenterons dans le prochain Pénélope d’exposer les différentes conséquences de cette initiative.

Rucher au parc Mandela à Wavre
Rucher au parc Mandela à Wavre (source : http://www.brabant-wallon.lacapitale.be)

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